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MaxTurismo Argentina

Au milieu des mausolées de marbre des présidents, des généraux et des grandes familles argentines, une statue surprend tous mes voyageurs : un homme en tenue de travail, un trousseau de clés à la main. C’est David Alleno, le gardien du cimetière de la Recoleta. Son histoire est l’une de mes préférées à Buenos Aires, et je vous la raconte ici.

La Recoleta, le cimetière des puissants

Ouvert en 1822 dans le quartier qui lui a donné son nom, le cimetière de la Recoleta est une véritable ville dans la ville : des allées, des milliers de caveaux, des chapelles néogothiques, Art nouveau ou néoclassiques, et quelques-unes des plus belles sculptures funéraires du continent. On y trouve Eva Perón, plusieurs présidents de la République et les familles qui ont fait la fortune de l’Argentine.

Autant dire qu’une parcelle à la Recoleta n’a jamais été à la portée d’un simple employé. Et c’est justement ce qui rend l’histoire de David si belle.

Un rêve un peu fou

David Alleno, fils d’immigrants italiens, entre au cimetière très jeune. Il y passe près de trente ans : il balaie les allées, arrose, entretient les caveaux, ouvre et ferme les grilles. Il connaît chaque tombe, chaque famille, chaque histoire.

Et il se met en tête un rêve que tout le monde trouve déraisonnable : reposer un jour ici, parmi ceux qu’il a servis toute sa vie, dans un caveau à lui. Alors il économise, peso après peso, en vivant très modestement. La chance finit par lui sourire : selon les versions, un gain à la loterie dans la famille vient compléter ses économies. David peut enfin acheter sa parcelle.

Statue de David Alleno, le gardien du cimetière de la Recoleta
David Alleno, statufié en tenue de travail dans son propre caveau.

Une statue venue de Gênes

David ne s’arrête pas là. Il part pour Gênes, en Italie, et confie à un sculpteur réputé, Canessa, une mission bien particulière : le représenter grandeur nature, en tenue de gardien, avec les outils de son métier. Balai, arrosoir, clés : tout y est. La statue traverse l’Atlantique et prend place dans le caveau qu’il s’est fait construire, à quelques allées des tombes des puissants.

Quand j’arrive devant sa statue avec mes voyageurs, je les laisse d’abord chercher ce qui cloche. Il y a toujours quelqu’un pour s’exclamer : « Mais il tient un balai ! »

Max

La légende et ce que disent les archives

Pendant un siècle, on a raconté qu’à peine rentré d’Italie, David avait démissionné, puis s’était donné la mort, impatient d’occuper son caveau. La date gravée sur sa tombe, 1910, semblait le confirmer.

Les recherches récentes sont plus nuancées, et à mon avis encore plus intrigantes. 1910 est l’année où il quitte son poste, mais son acte de décès, retrouvé par des historiens, date de 1915. Pourquoi alors avoir gravé 1910 sur la tombe ? Mystère. C’est le genre de question que j’adore poser à mes voyageurs devant sa statue.

Visiter la Recoleta avec Max

Le cimetière de la Recoleta est l’une des étapes phares de nos visites guidées de Buenos Aires en français. Je vous y emmène pour la tombe d’Evita, bien sûr, mais surtout pour ces histoires que les panneaux ne racontent pas : la jeune fille enterrée vivante, le chien fidèle, les familles fâchées pour l’éternité, et notre ami David.

  • Où ? Dans le quartier de Recoleta, à côté de la basilique Nuestra Señora del Pilar.
  • Combien de temps ? Comptez une à deux heures pour le cimetière, une demi-journée avec le quartier.
  • À combiner avec : les plus beaux quartiers de Buenos Aires, ou le Café Tortoni pour une pause dans un café historique.

Envie de connaître la suite de l’histoire ? Je vous la raconte sur place. Écrivez-nous pour organiser votre visite.

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