Et si l’on parlait du plus bel édifice de Buenos Aires ? J’ai nommé le Palacio Barolo ! Impossible de ne pas rester en admiration devant ce bâtiment de l’avenue de Mayo, qui recèle mille et un secrets. Suivez-moi, je vous raconte.
Luis Barolo, un immigrant qui voit grand
Tout commence avec Luis Barolo, arrivé d’Italie en 1890. Il fait fortune dans le textile, en particulier dans les tissus en maille, en important des machines modernes d’Europe. Bingo, c’est l’affaire du siècle !
Mais Luis a souvent le mal du pays, et une idée se met à germer dans sa tête : amener un peu d’Italie à Buenos Aires, avec l’immeuble le plus haut du pays et même d’Amérique du Sud. Cerise sur le gâteau, il porterait son nom.
Mario Palanti et la Divine Comédie
Pour son projet, Luis Barolo fait appel à un autre Italien, l’architecte milanais Mario Palanti. L’alchimie entre les deux hommes est immédiate. Palanti s’inspire de l’œuvre du poète Dante Alighieri, la Divine Comédie, et en fait le plan de tout l’édifice :
- 100 mètres de haut, comme les 100 chants du poème ;
- 22 étages, divisés en trois parties : l’Enfer (le sous-sol et le rez-de-chaussée), le Purgatoire (du 1er au 14e étage) et le Paradis (du 15e au 22e) ;
- des voûtes, des citations latines et des créatures du poème, dont des condors et des dragons, cachés un peu partout sur la façade et dans le hall ;
- un phare au sommet, symbole de la lumière divine et de l’arrivée au Paradis.

Construit en quatre ans seulement
Le chantier commence en 1919. Devinez combien de temps il a fallu pour construire ce géant ? Cinquante ans ? Non. Vingt-cinq ans ? Encore perdu ! Le Palacio Barolo est inauguré le 7 juillet 1923, soit environ quatre ans de travaux. L’argent coule à flots et une partie des matériaux vient d’Italie.
Le résultat est un chef-d’œuvre éclectique, entre Art nouveau et réminiscences néogothiques. Il restera le plus haut bâtiment de Buenos Aires jusqu’à la construction de l’édifice Kavanagh, au milieu des années 1930.
Un jumeau à Montevideo
Mario Palanti a construit un frère au Barolo de l’autre côté du Río de la Plata : le Palacio Salvo, à Montevideo, en Uruguay. Les deux phares devaient se répondre d’une rive à l’autre, comme pour guider les navires vers l’estuaire.
Qui a habité le Palacio Barolo ?
Luis Barolo lui-même ? Malheureusement non : il meurt en 1922, un an avant l’inauguration, sans voir l’œuvre de sa vie achevée. Et personne n’y a jamais vraiment habité : l’édifice a été conçu pour accueillir des bureaux. On y trouve aujourd’hui des cabinets d’avocats, des agences, des studios et même une boutique de vêtements de tango.
J’ai encore des milliers de choses à vous dire sur le Barolo : le Penseur de Rodin qui semble le contempler depuis la place du Congrès toute proche, la légende de l’urne destinée aux cendres de Dante, les symboles maçonniques… Je vous garde la suite pour la visite !
Max
Conseils pour la visite
- Adresse : avenue de Mayo 1370, entre la Plaza de Mayo et le Congrès.
- Visite guidée obligatoire pour monter jusqu’au phare : la vue à 360° sur Buenos Aires est spectaculaire, surtout au coucher du soleil.
- À combiner avec une pause au Café Tortoni, à quelques rues, et la Plaza de Mayo.
Envie de percer les secrets du Palacio Barolo ? Il fait partie de nos visites guidées de Buenos Aires en français. Écrivez-nous : je vous attends, chers voyageurs !