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Des façades de tôle peintes de toutes les couleurs, des danseurs de tango sur les pavés, l’odeur de l’asado et, au loin, les chants qui montent de la Bombonera : bienvenue à La Boca, le quartier le plus photographié de Buenos Aires. Derrière la carte postale se cache une histoire d’immigrants, de marins et d’artistes que j’adore raconter.

Le quartier des Génois

La Boca doit son nom à son emplacement : la « bouche » du Riachuelo, la petite rivière qui se jette dans le Río de la Plata. C’est ici que se trouvait le premier port de Buenos Aires, avec ses chantiers navals, ses entrepôts et ses saladeros.

À la fin du XIXe siècle, des milliers d’immigrants italiens, venus surtout de Gênes et de Ligurie, s’y installent pour travailler sur les quais. Ils construisent des conventillos de bois et de tôle ondulée, souvent sur pilotis à cause des crues du Riachuelo. Et pour les peindre, on utilise, dit-on, les restes de peinture des bateaux du port : chaque pot donnait une couleur différente. C’est l’origine des façades multicolores qui font aujourd’hui la célébrité du quartier.

Maisons colorées de Caminito dans le quartier de La Boca à Buenos Aires
Les façades de tôle peintes de Caminito.

La République de La Boca

Les Génois étaient si nombreux et si fiers de leurs origines qu’on raconte qu’en 1882, certains habitants hissèrent le drapeau de Gênes et proclamèrent l’indépendance de La Boca. Le président Julio Argentino Roca serait venu en personne décrocher le drapeau. Vraie ou embellie, l’anecdote dit tout du caractère du quartier.

Caminito, une rue devenue musée

Caminito est une petite rue piétonne, tracée sur une ancienne voie ferrée fermée en 1928 et longtemps laissée à l’abandon. En 1959, sous l’impulsion du peintre Benito Quinquela Martín, enfant du quartier, voisins et artistes la transforment en musée à ciel ouvert : façades repeintes, sculptures, fresques. Elle devient vite l’emblème de La Boca.

Son nom vient d’un célèbre tango, « Caminito », composé en 1926 par Juan de Dios Filiberto, un musicien né dans le quartier. Petite surprise que je réserve à mes voyageurs : selon la tradition, le parolier Gabino Coria Peñaloza s’était inspiré d’un chemin de sa province natale de La Rioja, à des centaines de kilomètres d’ici…

Benito Quinquela Martín, le peintre du port

L’histoire de Quinquela Martín est aussi belle que ses tableaux. Abandonné bébé dans un orphelinat en 1890, il est adopté quelques années plus tard par un couple de charbonniers de La Boca. Il travaille sur le port, porte des sacs de charbon, et peint en cachette les bateaux, les grues et les dockers, dans des couleurs éclatantes.

Devenu un peintre reconnu dans le monde entier, il n’oublie jamais son quartier : il y fait construire une école, un jardin d’enfants et un musée, toujours ouvert aujourd’hui au bord de la Vuelta de Rocha. Montez sur ses terrasses, la vue sur le port et le pont transbordeur est superbe. Juste à côté, la Fundación Proa présente des expositions d’art contemporain de grande qualité.

Balcons colorés du quartier de La Boca à Buenos Aires
Balcons et façades colorés de La Boca.

La Bombonera, le temple de Boca Juniors

Impossible de parler de La Boca sans parler de football. Le club de Boca Juniors est fondé en 1905 par de jeunes immigrants italiens. Ses couleurs bleu et or viendraient du drapeau d’un navire suédois entré dans le port : les fondateurs auraient décidé d’adopter les couleurs du prochain bateau qui accosterait.

Son stade, inauguré en 1940, est surnommé la Bombonera, la « boîte de chocolats », à cause de sa forme compacte et de ses tribunes très verticales. Les jours de match, on dit que le stade « bat » sous les pieds des supporters. Diego Maradona y a laissé une empreinte indélébile, et le musée du club permet de visiter les coulisses toute l’année.

Assister à un match à la Bombonera, c’est une expérience qu’on n’oublie jamais, même quand on n’aime pas le football. Je vous préviens : vous rentrerez supporter !

Max

Le pont transbordeur

Depuis la Vuelta de Rocha, levez les yeux vers la grande structure de fer qui enjambe le Riachuelo : le pont transbordeur Nicolás Avellaneda, mis en service en 1914, l’un des rares ponts de ce type encore debout dans le monde. C’est devenu l’un des symboles du quartier.

Nos conseils pour visiter La Boca

  • Venez de jour, idéalement le matin, avant l’arrivée des groupes.
  • Restez dans le secteur touristique : Caminito, la Vuelta de Rocha, le musée Quinquela Martín, la Fundación Proa et la Bombonera. Les rues voisines sont moins recommandées, surtout en fin de journée.
  • Venez en taxi ou avec votre guide, plutôt qu’à pied depuis San Telmo.
  • Les danseurs de tango qui posent avec vous pour une photo attendent un petit pourboire : c’est leur métier.
  • À combiner avec San Telmo, le quartier voisin, pour une belle journée dans le sud de la ville.

Découvrir La Boca avec Maxturismo

La Boca fait partie de nos visites guidées de Buenos Aires en français et de la visite des plus beaux quartiers de la ville. Les fans de football peuvent vivre l’ambiance d’un match de football à Buenos Aires, et les amoureux du tango prolonger la soirée dans une milonga authentique.

Envie de découvrir La Boca avec un guide francophone ? Écrivez-nous pour organiser votre visite.

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